Mon chien a ramassé mon portefeuille par terre… puis il l’a porté à un homme que je n’avais jamais vu de ma vie.
Je m’appelle Camille Roussel, j’ai trente-trois ans et, ce jour-là, je m’étais arrêtée dans un petit café près de la place Sainte-Anne, à Rennes. Il pleuvait depuis le matin. Gaston, mon bouledogue français, était couché près de ma chaise, sa laisse noire autour de mon poignet. Je venais simplement de commander un café avant de rentrer.
En retirant mon téléphone de la poche de mon manteau, j’ai fait tomber mon portefeuille en cuir cognac. Gaston l’a attrapé avant même que je puisse me baisser, puis il est parti.
— Gaston ! Ramène !
Normalement, il revenait immédiatement. Cette fois, il ne m’a même pas regardée.
Il a traversé la salle droit vers un homme assis seul près de la vitre. Une quarantaine d’années, manteau sombre, tasse presque intacte devant lui. Quand il a vu Gaston arriver avec mon portefeuille, son visage s’est figé.
Je me suis levée d’un coup.
— Gaston, ramène ça ici.
L’homme a légèrement reculé sa chaise. Il n’a pas essayé de prendre le portefeuille. Il a simplement regardé Gaston comme s’il attendait quelque chose.
Et Gaston a fait quelque chose qui m’a glacée.
Il a posé mon portefeuille exactement devant les chaussures de cet inconnu, puis il s’est assis. Bien droit. Immobile. Le regard fixé sur lui.
Ce n’était pas un jeu. C’était la position qu’il prenait quand il terminait l’un de nos exercices de rapport à la maison.
Je me suis avancée, la main tendue vers mon portefeuille.
— Pardon… je ne comprends pas ce qu’il fait.
L’homme n’a toujours pas touché au portefeuille. Il a baissé les yeux vers Gaston, puis il a murmuré, presque machinalement :
— Merci, Gaston.
Le portefeuille est tombé aussitôt de la gueule de mon chien.
Je me suis arrêtée net.
« Merci » n’était pas un ordre classique. C’était le mot que j’avais choisi moi-même pour lui apprendre à lâcher les objets à la maison. Je ne l’utilisais jamais dehors. Personne n’avait de raison de le connaître.
J’ai regardé cet homme.
Puis Gaston.
— Comment vous connaissez ce mot ?
Si vous voulez savoir ce que cet homme savait vraiment de Gaston, écrivez simplement « Gaston » en commentaire. Je vous préviendrai lorsque le lien vers l’histoire complète sera ajouté.













